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Ces chiffres sont une estimation. Votre situation réelle dépend de votre patrimoine, de vos donations passées, et du régime matrimonial.
Calculez en 30 secondes le montant transmissible en franchise totale de droits, et ce que vous perdez chaque année d'attente.
Ces chiffres sont une estimation. Votre situation réelle dépend de votre patrimoine, de vos donations passées, et du régime matrimonial.
Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € à chacun de ses enfants sans qu'un seul euro de droits ne soit dû. C'est l'abattement en ligne directe, prévu par l'article 779 du Code général des impôts.
Pour un couple avec deux enfants, ça représente 400 000 € transmissibles en franchise totale. Et ce n'est pas un cadeau unique : l'abattement se recharge intégralement tous les 15 ans. Si vos parents vous ont donné 100 000 € en 2010, le compteur est revenu à zéro en 2025. Le même montant peut repartir.
Pourtant, 80 % des Français n'ont jamais reçu de donation du vivant (INSEE, 2018). L'écart entre ce qui est possible et ce qui est réellement fait est vertigineux. Ce n'est pas un manque de patrimoine. C'est un manque d'information.
C'est le montant qu'un couple avec deux enfants peut transmettre en franchise totale de droits grâce aux abattements de 100 000 € par parent et par enfant, en utilisant deux cycles de 15 ans. En y ajoutant les dons familiaux de sommes d'argent (31 865 € par parent et par enfant), le total dépasse le million d'euros.
Le mécanisme est arithmétique, pas juridique. Tous les 15 ans, l'abattement de 100 000 € se renouvelle. Une donation faite aujourd'hui libère à nouveau la totalité de l'abattement en 2041.
La question n'est donc pas « combien donner », mais « combien de cycles reste-t-il ? ». C'est exactement ce que le simulateur ci-dessus calcule. Parce que le nombre de cycles dépend d'une variable que personne ne maîtrise : le temps.
Si votre parent a 70 ans et une espérance de vie de 85 ans, il reste un cycle possible. Un seul. S'il a 65 ans, deux cycles sont envisageables. La différence entre agir maintenant et attendre cinq ans, c'est potentiellement 100 000 € d'abattement en moins par enfant.
Et le contexte fiscal rend l'attente encore plus coûteuse. L'abattement de 100 000 € n'a pas été revalorisé depuis 2012. Treize ans de gel. Pendant ce temps, l'immobilier a pris plus de 33 % selon l'INSEE. Un bien qui valait 500 000 € en 2012 en vaut 665 000 € aujourd'hui, mais l'abattement, lui, n'a pas bougé. Le Conseil supérieur du notariat estime que ce gel équivaut à une hausse silencieuse de fiscalité de 10 à 15 % sur trois ans.
Les chiffres changent radicalement selon la configuration familiale. Voici trois exemples concrets pour mesurer l'écart entre agir et ne rien faire.
| Situation | Sans anticipation | Avec donations | Économie |
|---|---|---|---|
| 1 parent, 1 enfant Patrimoine 400 000 € |
~58 000 € | 0 € | 58 000 € |
| 2 parents, 2 enfants Patrimoine 600 000 € |
~38 000 € | 0 € | 38 000 € |
| 2 parents, 3 enfants Patrimoine 1 200 000 € |
~100 000 € | ~22 000 € | 78 000 € |
Estimations indicatives basées sur les barèmes 2026 en ligne directe, après abattement de 100 000 € par parent et par enfant. Les résultats réels dépendent du patrimoine, du régime matrimonial et des donations antérieures.
Prenons le cas d'un parent seul transmettant 600 000 € à deux enfants sans anticipation : les droits dépassent facilement 50 000 €. Avec deux donations échelonnées sur 30 ans, une grande partie de ce patrimoine passe en franchise. Plus le patrimoine est élevé, plus l'écart se creuse : sur 1,2 million, la différence entre agir et ne rien faire peut atteindre 78 000 €. Une seule erreur évitée rembourse plusieurs fois le temps investi à comprendre ces mécanismes.
Pour un don d'argent (virement, chèque, espèces), le passage chez un notaire n'est pas obligatoire. Il suffit de déclarer le don aux impôts dans le mois qui suit, en ligne sur impots.gouv.fr depuis 2026 (ou via le formulaire Cerfa 2735 dans les cas exceptionnels). C'est le cas des dons manuels et des dons familiaux de sommes d'argent (31 865 € supplémentaires par parent et par enfant si le donateur a moins de 80 ans).
En revanche, toute donation portant sur un bien immobilier passe obligatoirement par un acte notarié. La donation-partage aussi, dès qu'on veut figer la valeur des biens entre plusieurs enfants pour éviter les contestations plus tard. Et c'est souvent là que le vrai travail de préparation commence : non pas dans l'acte juridique lui-même, mais dans les conversations familiales qui le précèdent.
Le notaire exécute. Mais c'est à vous de savoir ce que vous voulez lui demander. Et pour ça, il faut comprendre les options qui existent avant de prendre rendez-vous.
Oui, mais pas de la façon que la plupart des gens imaginent. Une donation est « rapportable » à la succession : elle est réintégrée dans le calcul pour vérifier que chaque héritier a bien reçu sa part minimale (la réserve héréditaire). Ce n'est pas un piège, c'est une protection pour les enfants.
Sur le plan fiscal, c'est une autre histoire. Si une donation a été faite plus de 15 ans avant le décès, elle n'entre plus dans le calcul des droits. L'abattement est considéré comme intégralement rechargé. C'est pour ça que le timing est stratégique : une donation faite à 65 ans et un décès à 82 ans, c'est un cycle complet, un abattement réutilisé, des droits économisés.
La donation-partage va plus loin. Elle fige la valeur des biens au jour de la donation, pas au jour du décès. Si vous donnez un appartement évalué à 200 000 € et qu'il en vaut 350 000 € vingt ans plus tard, c'est la valeur de 200 000 € qui sera retenue. C'est l'un des outils les plus puissants de la transmission anticipée, et aussi l'un des moins connus.
L'abattement de 100 000 € par enfant n'a aucune limite d'âge. À 85 ans, à 90 ans, il s'applique toujours. Ce qui change après 80 ans, ce sont deux dispositifs spécifiques.
Les dons familiaux de sommes d'argent (31 865 €) ne sont plus possibles si le donateur a plus de 80 ans. Cette exonération supplémentaire, prévue par l'article 790 G du CGI, impose un double critère d'âge : le donateur doit avoir moins de 80 ans et le bénéficiaire plus de 18 ans.
L'assurance-vie change de régime fiscal. Les primes versées après 70 ans bénéficient d'un abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus), bien inférieur aux 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. La différence est considérable sur les gros patrimoines.
C'est la raison pour laquelle chaque année d'attente ferme une porte. Pas toutes les portes en même temps. Mais une de plus à chaque palier d'âge. Le simulateur ci-dessus vous montre exactement lesquelles sont encore ouvertes pour votre situation.
Pour un don manuel ou un don de somme d'argent, la déclaration est obligatoire dans le mois suivant le don. Depuis le 1er janvier 2026, elle se fait en ligne sur impots.gouv.fr (rubrique Déclarer > Déclarer un don ou une cession de droits sociaux). Le formulaire papier Cerfa 2735 reste possible dans certains cas exceptionnels. C'est le donataire (celui qui reçoit) qui déclare, auprès du service des impôts de son domicile.
Si le don dépasse l'abattement en vigueur, des droits de donation sont dus. Ils suivent le même barème progressif des droits de succession en ligne directe, de 5 % à 45 % selon la tranche. Mais tant que vous restez sous les 100 000 € par parent et par enfant (en cumul sur 15 ans), c'est zéro.
La déclaration n'est pas une option : ne pas déclarer un don, même en dessous de l'abattement, expose à un redressement si le fisc le découvre. Par ailleurs, c'est la révélation du don à l'administration qui fait courir le délai de rechargement de 15 ans. En pratique, la déclaration formalise cette révélation. Plus tôt vous déclarez, plus tôt le compteur commence.
La loi de finances du 14 février 2025 a créé un dispositif temporaire qui s'ajoute à tous les abattements classiques. Du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, les dons de sommes d'argent affectés à l'achat d'un logement neuf (ou en VEFA) ou à des travaux de rénovation énergétique sont exonérés de droits dans une limite de 100 000 € par donateur et de 300 000 € par donataire (tous donateurs confondus).
Concrètement, un enfant peut recevoir 100 000 € de chacun de ses deux parents et 100 000 € d'un grand-parent dans ce cadre, soit 300 000 € en franchise totale, à condition d'utiliser les fonds dans les six mois pour acheter un logement neuf destiné à la résidence principale (ou à la location) ou pour financer des travaux éligibles à MaPrimeRénov. Le logement doit être conservé cinq ans.
Ce dispositif se cumule intégralement avec les abattements de droit commun (100 000 € par parent en ligne directe) et avec les dons familiaux de sommes d'argent (31 865 € au titre de l'article 790 G). Un couple peut donc aider un enfant à hauteur de 463 730 € sans aucun droit de donation si les conditions sont réunies. Cette fenêtre se referme le 31 décembre 2026.
Date limite pour bénéficier de l'exonération exceptionnelle sur les dons affectés à l'achat d'un logement neuf ou à la rénovation énergétique (article 790 A bis du CGI). Ce dispositif temporaire ne sera pas reconduit automatiquement.
74 % des Français considèrent la succession comme un sujet tabou en famille (OpinionWay/Hérit, 2022). Et 54 % ignorent le patrimoine de leurs propres parents. Le problème n'est pas l'argent. C'est le silence.
La plupart des familles qui finissent en conflit successoral n'étaient pas en désaccord sur le fond. Elles n'avaient simplement jamais eu la conversation. 62 % des contentieux résultent de l'absence d'instructions claires du défunt, selon le Conseil Supérieur du Notariat. Pas d'un désaccord explicite. D'un vide.
Dépersonnalisez le sujet. Ne commencez pas par « il faut qu'on parle de ton patrimoine ». Commencez par « j'ai lu un truc sur les donations, j'ignorais que ça marchait comme ça ». Partagez un simulateur, un article, un chiffre surprenant. Laissez la curiosité faire le travail.
Le pire moment : un repas de famille avec tout le monde autour de la table. Le meilleur : un échange en tête-à-tête, calme, sans enjeu immédiat, en dehors de toute urgence médicale ou familiale.
20 % des successions génèrent des contentieux familiaux. Les familles recomposées concentrent 58 % de ces conflits alors qu'elles ne représentent que 10 % des ménages. Un partage judiciaire dure en moyenne 36 mois et coûte entre 5 000 et 20 000 €. La conversation la plus inconfortable de votre vie coûte moins cher que son absence.
L'intégralité du patrimoine est transmise au décès. L'abattement de 100 000 € s'applique une seule fois au lieu de deux ou trois si des donations avaient été faites. Les droits sont calculés sur un montant bien plus élevé, au barème progressif qui monte jusqu'à 45 %.
Et il n'y a pas que les droits. Les héritiers ont six mois pour déposer la déclaration de succession et payer. Six mois après un décès, c'est souvent trop court. Seules 33,7 % des déclarations sont déposées dans les délais, selon la Cour des comptes. Les retardataires paient 0,20 % d'intérêts par mois, plus une majoration de 10 % après douze mois.
16 % des Français ont déjà dû s'endetter à cause de la succession mal préparée d'un proche (OpinionWay/Hérit, 2023). Ce n'est pas un chiffre abstrait. C'est une famille sur six qui a dû emprunter pour payer les droits sur un patrimoine qu'elle n'a pas encore touché.
C'est l'âge moyen auquel on hérite en France aujourd'hui, contre 30 ans en 1900. On hérite à l'âge de la retraite, quand le capital ne sert plus à financer les projets de vie. Une donation à 40 ans changerait la donne pour vos enfants. Mais elle ne sera possible que si quelqu'un la décide.
Ce contenu est fourni à titre éducatif et informatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou patrimonial personnalisé. Les montants et exemples sont des estimations basées sur les barèmes fiscaux en vigueur en 2026. Consultez un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine pour toute décision concernant votre succession. Sources : Code général des impôts (art. 779, 790 G), INSEE, Cour des comptes (rapport septembre 2024), Conseil Supérieur du Notariat, IFOP/ASAC-FAPES (2024-2025), OpinionWay/Hérit (2022-2023).